Le travail domestique des mineurs est un phénomène non négligeable en France
Une preuve du non cantonnement de l’exploitation des fillettes dans les travaux domestiques consiste en l’affaire de ” Rose “, une jeune malienne réduite à l’esclavage par M. et Mme S., poursuivis pour soumission d’une mineure à des conditions de travail indigne.
Agée actuellement de 23 ans, Rose est arrivée en France en 1997, à l’âge de 11 ans, en compagnie du couple afin de garder leurs enfants.
C’est à Bamako qu’ils la rencontrent et l’introduisent en France à l’aide de faux papiers afin d’en faire leur bonne à tout faire (prendre soin des enfants, les emmener à l’école, faire le ménage, préparer les repas, …), sans aucune contrepartie financière.
Mme S prétend ne pas l’avoir inscrit à l’école à cause des papiers, qui l’auraient également empêché d’avoir une vie sociale normale.
Néanmoins, les conditions de vie de l’enfant démontrent clairement son exploitation par ses employeurs : elle ne mangeait pas à la même table que la famille, commençait le travail à 7 heures du matin et ne finissait que très tard le soir, subissait les insultes, son employeuse la giflait et lui crachait dessus lui montrant qu’elle n’est que sa propriété dont elle pouvait user à sa guise.
C’est une voisine qui, apprenant l’histoire de Rose, la dirige vers des associations qui pourraient lui venir en aide. Après avoir porté plainte, les époux S ont été libérés. Rose quitte néanmoins leur domicile.
Rose prépare aujourd’hui un CAP de fleuriste et habite à Suresnes, dans un foyer des jeunes travailleurs. Sa situation a été régularisée et elle intente une action devant les prud’hommes.
De telles situations sont très nombreuses en France, mais l’issue est relative.
Merci au Comité contre l’esclavage moderne.
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